富士山 Fujisan

T’es beau,
T’es beau parce que t’es courageux,
De regarder dans le fond des yeux,
Celui qui te défie d’être heureux.

T’es beau, Pauline Croze

Chiffres officiels
Situé à moins de 100 kilomètres au nord-est de Tokyo (visible de la capitale par jour de beau temps)
Altitude 3 776 mètres
Bordé au nord par les cinq lacs Fujigoko : le lac Motosu, le lac Shoji, le lac Sai, le lac Kawaguchi et le lac Yamanaka
Période officielle d’escalade juillet-août
Nombre de visiteurs annuels entre 100 000 et 200 000 personnes, dont 30 % de non-Japonais
Première ascension (apparemment) en 663 par un moine bouddhiste
Dernière éruption 16 décembre 1707 – 22 janvier 1708

Chiffres personnels
Lundi 30 juillet – mardi 31 juillet 2012
Ascension, 6h30 ; descente, 3h30 (pauses comprises)
22h15, départ de la 5eme station du chemin Yoshida (Kawaguchiko, environ 2 100 mètres d’altitude)
4h, arret a la 9eme station (environ a 3 500 mètres d’altitude) pour voir le lever du soleil
Arrivee au sommet a 5h30
Debut de la descente a 6h30
Arrivee a la station Kawaguchiko a 10h15

  

Celui qui gravit le Mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou. – proverbe japonais
(Tifenn level up !)


Résumé des épisodes précédents

Et voilà, nous quittons Fukuyama dans quelques jours, et avec la ville quelques beaux moments et des personnes incroyables qui vont beaucoup nous manquer.

Notre programme est clair dans ce que nous voulons voir, mais absolument pas sur le temps où nous resterons sur place. Alors à défaut d’un journal au jour le jour, voilà par mois, ce que nous souhaitons donner à nos sens gourmands.

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Juillet : Le pays du soleil levant, le Japon

  • Kyoto : palais impérial, Kinkaku-ji (le temple du pavillon d’or) et Gion matsuri ;
  • Osaka : Tenjin Matsuri ;
  • Nara : le parc de nouveau mais en période estivale cette fois ;
  • Tokyo : le marché de Tsukiji et la vue de la mairie de Tokyo (et le magasin made in Rémy de huit étages 😉 )
  • La région des cinq lacs et l’ascension du mont Fuji de nuit pour voir le soleil se lever.

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Août (et sûrement début septembre) : Le pays du soleil levant, le Japon

  • Shimanami Kaido : la route des ponts reliant les îles à partir d’Onomichi (juste à côté de Fukuyama) à Imabari (Shikoku), 70 kilomètres en vélo ;
  • Hiroshima : commémoration du 6 août ;
  • Himeji et son fameux château ayant résisté aux guerres et aux désastres naturels :
  • Otsu (préfecture de Shiga) : les huit vues d’Omi (du dessin à la réalité), le lac Biwa et de belles balades en perspective ;
  • Préfecture de Gifu : Gifu-shi (parc et château), la ville de Gero connue pour ses sources d’eau chaude, et la ville d’Inuyama qui abrite un parc de singes japonais, le village de Meiji (les bâtiments de tout le Japon de l’époque Meiji ont tout simplement été transféré là-bas) et Tagata-jinja-mae, un des quarante sanctuaires phalliques du Japon (je ne peux pas partir sans prendre une photo d’un pénis géant en bois) ;
  • Préfecture de Wakayama qui nous promet de jolies randonnées entre onsen, temples, forêts et falaises.
  • Osaka : découverte de la ville, et peut-être un saut à l’aquarium qui est, apparemment, très beau ;
  • Préfecture de Takushima (île de Shikoku) : ascension du mont Bizen (dans le chef lieu) et autres balades dans la vallée d’Iya ;
  • Préfecture de Kochi (île de Shikoku) : lieu de naissance de Ryoma Sakamoto ❤ , le château, le musée des arts (si on s’ennuie, le chef lieu n’est pas très grand), et longer la rivière Shimanto sur quelques kilomètres ;
  • Préfecture de Kagawa (île de Shikoku) : quelques arrêts en tête (comme Takamatsu, Kanonji ou Todotsu) tous avec des spécificités et des promenades prévues, cela dépendra de notre humeur je pense ;
  • Préfecture d’Ehime (île de Shikoku) : visite de quelques uns des 88 temples de Shikoku ;
  • Île de Kyushu : Beppu, ville connue pour ses sources d’eau chaude ; randonnées sur le volcan Aso (parce que le Sakurajima ça ne nous a pas suffit) ; Kumamoto et son énorme château ; puis Fukuoka-Hakata pour se reposer un peu avant d’aller à Tsushima, une île au nord de Kyushu qui a fait barrage aux invasions mongoles et qui sera le dernier territoire japonais que nous foulerons de nos pieds…

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Septembre (et sûrement début octobre) : Le pays du matin calme, la Corée du Sud
Ça sera un peu découverte du pays en freestyle. Nous avons bien quelques envies, mais je pense que nous composerons avec nos désirs une fois sur place tant la culture et la géographie du pays seront nouvelles pour nous.
Randonnées dans quelques parcs nationaux, petite préférence pour celui de Seoraksan, de Gyeryongsan et de Bukhansan (près de Séoul) mais suis ouverte à toutes propositions 😉 Apparemment la rando est un sport national en Corée, je pense que nous allons avoir de quoi nous combler ;

  • Région de Gyeongsangnam : Busan : ville portuaire de plaisance (oui c’est possible) connue pour ses magasins mais qui nous attire pour ses spécialités culinaires ; et peut-être nous laisserons nous tenter par le SPA coréen à Hurshimchung ;
  • Région de Chungcheongbuk : Chungju et son festival international des arts martiaux ; le parc national de Woraksan avec les ruines de Mireuksaji ;
  • Région de Jeollabuk : Cittaslow !
  • Région de Chungcheongnam : la tombe du roi Muryeong et ses trésors de 1 500 ans enfouis à Gongju ; le parc national de Gyeryongsan d’un bout à l’autre ;
  • (Et quelques autres endroits connus pour leurs attraits historiques dont m’a parlé Ruairi et que j’ai bien entendu oublié 😉 )
  • Séoul : les rues historiques du village Bukchon Hanok ; le jardin secret Changdeokgung classé au patrimoine mondial, la vue panoramique de la capitale des murs de l’ancienne forteresse Bukaksan, le palais de Gyeongbokgung, les petits marchés typiques, …

Un petit trajet en ferry de 25 heures (la bagatelle) et nous serons en Chine !

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Octobre : l’Empire du milieu, la Chine
Environ deux semaines, le programme sera moins chargé et nous nous concentrerons ‘uniquement’ sur trois villes. Un grand merci à Julie qui nous a beaucoup aidé à comprendre la Chine (et sa grandeur) tout d’abord, et surtout à nous organiser.

  • Pékin : la muraille de Chine, bien entendu ! ! ! ; Gugong, la Cité Interdite ! ; la place Tian An Men ; Jingshan, la colline de charbon derrière la cité interdite ; Tiantang, le temple du ciel ; Yiheyuan, le palais d’été ; Hutong, les vieux quartiers traditionnels pékinois ; Yonghegong, le temple des lamas (pas l’animal comme je le croyais – et était toute joyce – mais c’est ainsi que l’on désigne les moines tibétains) ; la tour du tambour ; la tour de l’horloge ; et d’autres petits endroits de charmes suggérés par Julie ;
  • Pingyao : ville fortifiée protégé par l’UNESCO ; le temple de Shuanglin Si ; la résidence des Wang et / ou la résidence des Qiao
  • Xi’an : le tombeau de l’empereur Qin Shihuangdi qui a unifié la Chine, accompagné de ses célèbres guerriers en terre cuite ; la source thermale Huaqing (après le Japon et la Corée, ça serait dommage de ne pas essayer en Chine) ; la grande Pagode de l’Oie sauvage – emblème de la ville ; le tombeau Qianling sûrement ; le temple Famen (avec les reliques de Bouddha) ; …

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En règle générale la liste est non exhaustive et changera au grès de nos humeurs, envies et… de la météo. Pas besoin de se préoccuper du visa pour le Japon et pour la Corée du sud, et le visa chinois (que nous devrions obtenir d’ici peu) est valide trois mois après la date de délivrance. Notre seule contrainte temporelle sera :

Jeudi 25 octobre : retour vers l’Europe
Pékin, Chine : 1h55 (19h55 heure française, mercredi 24 octobre) => Doha, Qatar : 5h40 (4h40 h. fr)
Doha, Qatar : 8h25 (7h25 h. fr) => Paris, Charles de Gaules : 14h25

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じゃ、行ってきます !


鳥取 Tottori

Tottori, c’est la dernière préfecture de Chugoku que nous n’avions pas honoré de notre présence (oui, nous sommes comme cela) dans l’ouest d’Honshu.
C’est maintenant chose faite depuis le 6 juillet. Pas de découvertes effrénées mais un petit weekend de trois jours tranquilles porté par nos pas et par une envie : le désert le plus grand du Japon.
Nous nous voyons déjà entourés par le sable, chevauchant fièrement notre chameau (importé), avec un soleil de plomb comme compagnon, scrutant l’horizon à la recherche d’une oasis où se reposer ou même, à défaut, d’un simple cactus pour nous sustenter.

Autant vous dire que nous avons été un poil déçu.

Ça et les 10 minutes de chameau à 30 euros.

Ce qu’ils appellent désert ressemble à une plage, plutôt conséquente certes mais bon, avec une dune impressionnante.
Mais l’ambiance est bonne, la petite ascension intéressante, et le temps, entre mer, ciel et sable, délicieux.

     


Pensées sur le dépaysement

« Impressions européennes sur la ville japonaise » a déménagé depuis juin (un petit peu avant nous ^^). Retrouvez tous mes articles et d’autres écrits urbanistiques sur le site d’Urbanews.fr !

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La première fois que l’on y goûte, c’est comme croquer dans le fruit interdit. C’est tentant, envoûtant, impressionnant et charmant. On l’a parfois regardé de loin, on se pose mille questions, on exprime milles doutes et toutes ses possibilités nous font tourner la tête.
Chacun à sa manière de l’expérimenter. Pour ma part, j’ai longtemps caressé sa peau, je l’ai regardé sous tous les angles, j’ai écouté mi-envieuse, mi-songeuse les témoignages de ceux qui s’étaient lancés vers l’inconnu.
Et puis un jour, je me suis décidée et j’ai croqué à pleines dents dans ce fruit mystérieux. J’ai laissé son jus couler dans ma gorge, son parfum emplir mes narines, sa texture s’allonger sur ma langue et sa chaleur s’installer dans mon ventre.
Et à partir de là, on sait que plus rien ne sera pareil.

Dépaysement :
État de celui qui est dépaysé ; fait de se dépayser, d’être dépaysé : Rechercher le dépaysement.

Dépayser :

  • Faire rompre ses habitudes à quelqu’un en le mettant dans un pays, une région très différents de ceux où il habite par le décor, le climat, les habitudes : Aimer les pays lointains qui dépaysent.
  • Troubler quelqu’un, le désorienter en le changeant de milieu et en le mettant dans une situation qui lui donne un sentiment d’étrangeté : Ce changement de bureau l’a complètement dépaysé.

Larousse.fr (dictionnaire en ligne)

Comment dit-on dépaysement en anglais ?
Alors que j’essaye d’expliquer ce sur quoi j’écris à mon ami irlandais, je me demande si le mot dépaysement existe dans d’autres langues et s’il transmet les mêmes émotions. Ce mot est pour moi associé à de doux souvenirs, de belles découvertes, ponctués parfois par des moments de solitude ou d’incompréhension. Mais en règle générale il développe chez moi des sentiments positifs.
Les mots ont, en plus de leur sens premier, une connotation personnelle développée par l’expérience et les souvenirs associés.

« Ah, you mean homesick ? »

Ma tête se penche du côté droit, mes lèvres se crispent et j’aspire un peu d’air entre mes dents. Un tic de langage japonais qui peut signifier beaucoup de choses. En seulement quelques mois, j’ai assimilé sans y penser par mimétisme les bases gestuelles de cette langue que j’ai du mal à maîtriser.
Je les reprend sans y penser, ils sont devenus de nouveaux mots dans mon vocabulaire très (trop?) cosmopolite. Ici ce petit mouvement de tête accompagné du son d’aspiration entre mes dents signifie « pas tout à fait », « pas loin », mais aussi « c’est difficile » pour dire non sans le prononcer (un genre de oui mais non).

Dépaysement :

  • Change of scenery / change of scene (changement volontaire – sens positif)
  • Disorientation (changement involontaire – sens négatif)
  • Exile

Wordreference.com (dictionnaire français/anglais en ligne)

Dépaysement et mal du pays.
Pour moi, le dépaysement n’est pas un mal, c’est une sensation que je recherche. Il est la finalité lors de la découverte de l’inconnu. C’est plus fort que de ce dire « ah tiens ça on ne l’a pas chez nous. ». Une fois atteint, il réinitialise nos sens, nous ouvre de nouveau horizons et entraîne des sentiments plus ou moins agréables, plus ou moins forts : émerveillement, étonnement, envie, stupéfaction, dégoût, …

Dépaysement, pays, paysage.
Il m’est arrivé d’être plus déboussolée lors de mes voyages à travers la France qu’à travers le monde. Sans rentrer dans les détails, l’uniformisation des cultures se ressent dans les milieux urbains. Si l’on peut être surpris et rire des petites différences, on sait que l’on trouvera une poste, un supermarché, des hôtels, des magasins et des restaurants. De plus, bien souvent les enseignes ne nous sont pas inconnues.
Avec 9 000 kilomètres qui les séparent, nous pouvons penser que tout sera différent entre la France et le Japon… c’était sans compter sur l’américanisation de nos contrées et, dans le cas du pays du soleil levant, sur la destruction puis l’occupation de son territoire après la seconde guerre mondiale par les Etats-Unis.
Brute, l’organisation des villes japonaises ressemblent aux nôtres se déployant autour d’un élément important de la culture, de la politique (comme le château) ou de la communication comme le fleuve ou la gare. Elles ont suivi le modèle du zonage lors de leur reconstruction et possèdent aussi des banlieues(-dortoirs) résidentielles, des complexes commerciaux en périphérie – paradis de la voiture, et des zones industrielles pas particulièrement esthétiques le long de leurs côtes.
Nous rentrons dans un cercle vicieux. Pour être dépayser, il faut savoir où aller, et pour cela il faut se renseigner… ou connaître.
Connaître pour y être aller c’est que l’espace a déjà été un peu approprié. Se renseigner c’est excepter, se projeter, se préparer à être surpris ou désorienté. La connaissance et la préparation enlèvent-elles le mystère, l’effet de surprise et finalement empêchent-elles le dépaysement complet ?

Faut-il changer de pays pour être dépaysé ?
Certains pensent que plus le nombre de kilomètres est élevé, plus fort sera l’impression de dépaysement. Pourtant à Iwakuni (préfecture de Yamaguchi, extrême ouest de l’île d’Honshu, Japon), j’ai retrouvé ma Touraine. Cette ville moderne a conservé et restauré au pied d’une des hautes collines la délimitant, le village d’origine. Une fois le célèbre pont traversé, je me suis retrouvée sur une petite place bordée de commerces saisonniers, dominée par le château, entourée d’une forêt dense et verte.
Certes, autour de moi tout était dans le plus pur style japonais : les maisons principalement en bois, les cris des marchants pour attirer le clients et les odeurs du déjeuner ; mais mon corps s’est senti immédiatement chez lui, et mon cœur a susurrer « tu ne trouves pas que l’on dirait Chinon ? ».
Nous ne contrôlons pas nos ressentis.

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A lire également

Propos de Jacques LANGUIRAND tiré du Journal de Prospéro, et ayant fait l’objet d’une chronique parue dans le Guide Ressources, Vol. 09, N° 06, mars 1994.
« Pendant plus de trois mois j’ai voyagé à l’étranger. Ce mot me paraît mal choisi car pendant tout ce temps, c’est moi qui était l’étranger pour l’autre. Ce mot est encore mal choisi car c’est moi qui était différent, l’autre. »
Vu le 11.04.2012

Douceur d’un été différent, dépaysement sans retour.
DELERM Philippe. Sundborn ou les jours de la lumière.
«  Je me sentis très libre, jusqu’à ce que le sifflet du chef de gare me déchire comme un jamais plus. »

De la Serbie à l’Irlande, dépaysement géographique et culturel.
HAMILTON HugoJe ne suis pas d’ici.
« Par moments Johnny se mettait à parler en Irlandais, qu’il me traduisait ensuite, comme si s’exprimer dans cette langue était pour lui le seul garant de la fiabilité de ces souvenirs. »

Changement capital, dépaysement inattendu.
VAN CAUWELAERT DidierLa maison des lumières.
« Magritte lui-même s’était retrouvé excommunié par André Breton pour ‘collaboration avec le réalisme’ et avait préféré vivre en Belgique où la fantaisie n’obéissait pas encore à des normes. »

Le regard des autres, dépaysement social
WILDE OscarLe portrait de Dorian Gray.
« Le savoir serait fatal. C’est l’incertitude qui donne tout son charme à la chose. Tout est merveilleux dans le brouillard. »


松山 [Matsuyama]

Une petite ville au Japon, mais la plus peuplée de l’île de Shikoku.
Un weekend de juin pour aller voir l’ambiance de la dernière île principale, afin de savoir si nous allions l’inclure dans notre périple d’août.
Les ruines du palais de plaisance, le château intact, un essai : dans la peau d’un Samourai (et des bêtises), beaucoup de flânerie et Dogo onsen, s’enorgueillant d’être le plus ancien établissement japonais exploitant les sources d’eau chaude.

Tout simplement.