3/4 九州 [Kyushu]

Un nouvel article (en retard =P) et de nouvelles vidéos (j’ai enlevé le mdp ça soulait tout le monde ^^)

Vendredi 30 mars – Dimanche 8 avril 2012

A la découverte de la troisième île principale du Japon après Honshu où nous habitons et Hokkaido en track trip au mois de février, nous voici sur Kyushu pour une bonne semaine. Nous avions des envies plein la tête mais pas de calendrier trop précis histoire de pouvoir adapter notre emploi du temps à nos humeurs.

Premier arrêt : 長崎 [Nagasaki, littéralement « longue pointe »] – vendredi soir / lundi aprem
Tristement célèbre pour le 9 août 1945, c’est pourtant le côté historique des siècles précédents qui nous a amené à rester plusieurs jours dans cette ville. Nagasaki était très connue des commerçants étrangers puisque c’était le seul port où ils étaient autorisés, par le gouvernement, a débarqué. Plus précisément, durant la période d’Edo (1600 – 1858), le Japon s’est refermé sur lui-même et ne commerçait plus qu’avec une partie de la Corée et de la Chine. Mais un peuple résiste encore et toujours à l’annonce de la fermeture des frontières. Ainsi les Hollandais ont su prouvé leur envie de continuer (notamment en soutenant le pouvoir en place contre la rébellion, mais ceci est une autre histoire). Pourtant impossible pour eux de toucher le sol japonais, ils étaient confinés sur la toute première île artificielle qu’à construit le Japon en 1634 (!) : Deijima.
Cette île connue, nous l’avons cherché des yeux en nous promenant dans le parc côtier de Nagasaki, sans succès. Et pour cause, elle se trouve aujourd’hui en pleine ville tant les Japonais ont développé leurs techniques de construire sur la mer.

Nous avons consacré notre première journée au devoir de mémoire : épicentre, musée commémoratif, parc mémorial (avec des statues très conceptuelles venant du monde entier) et observations des ruines laissées pour se souvenir ; pourtant la journée ensoleillée, le ciel bleu que nous n’avions pas vu depuis des mois à Fukuyama et la floraison des cerisiers ont eu raison de notre humeur, et le recueillement, bien que sincère, n’a pas duré.
Le dimanche a été rempli sans être surchargé. La visite de Deijima nous a régalé. Nos déambulations pensives dans le parc et dans la ville notamment dans le quartier des ‘étrangers’ avec son ambassade russe puis américaine trônant sur la colline et le quartier chinois ont fini de nous combler, avant de nous endormir dans les bras d’un manga café bien mérité.
Lundi a été consacré à la visite des lieux moins ‘populaires’ qui font la ville : la friche des 26 martyrs chrétiens, la route des temples géants, … avant de prendre notre meilleur ami le Shinkansen pour nous rendre dans le sud de l’île.

Deuxième arrêt : 鹿児島 [Kagoshima] – lundi soir / vendredi
Kagoshima est une petite ville qui en elle-même ne présente pas énormément d’intérêt et pourtant nous sommes inexplicablement tombés sous son charme.
Mardi et jeudi ont été des journées sans prétention, balades tranquilles et découvertes stimulantes : promenade au sommet de la colline pour survoler la ville, planétarium des années 70 en japonais, lieux de batailles historiques, …
Mercredi était un peu particulier (eh oui trois ans) et pour le rendre inoubliable nous sommes allés chatouiller de nos petits pieds les flans du Sakurajima, volcan en activité, qui ce jour là aussi était coiffé d’un beau nuage de cendres.
Avant de quitter la région vendredi et de nous rendre à Fukuoka notre dernière étape, nous avons fait un crochet par Ibusuki. Nous avons tous un rêve un peu fou, pas forcément incroyable ni irréalisable mais un projet peu commun qui nous fait envie. Pour R. c’était le bain de sable volcanique au Japon. Le principe est simple, dans la station nous échangeons toutes nos affaires contre un yukata (sorte de kimono léger pour l’été) puis nous nous rendons sur la plage (complètement nus sous nos yukata… je vous ai déjà parlé du vent joueur? Ouais bah j’étais pas extra à l’aise) sur la plage de sable mêlé aux cendres volcaniques. Nous nous allongeons sur le sable chaud et on nous recouvre des pieds au cou, avec une petite ombrelle plantée au dessus de notre tête. C’est lourd, c’est très chaud, le cœur se met à pomper comme un malade, et on se demande pourquoi on s’inflige ce genre de chose… Pas plus de 20min (perso après un peu plus de 10min, je n’avais pas très envie de faire du rabe). Nous nous dégageons tant bien que mal, le yukata trempé de sueur (et là on est content d’être à poil dessous), retournons à la station et plongeons dans un bon onsen mérité.
C’était vraiment une superbe expérience, très relaxante et, j’ose, ‘purifiante’. Pas au sens de leur plaquette explicative où le bain de sable est sensé enlever les virus et autres maladies incurables par la médecine occidentale, mais plutôt dans le sens qu’une période de transpiration pareil, ça adoucit la peau et je ne sais pas, mais on se sent vraiment bien après. De toutes façons, souvent après les sources d’eau chaudes j’ai une petite période de relaxation intense pouvant s’apparenter à une prise de drogue qu’un certain parti politique vert voudrait légaliser en France, alors rajouter à cela le bain de cendres vous pouvez imaginer mon état dans le train en direction de Fukuoka.

Troisième arrêt : 福岡 / 博多 [Fukuoka / Hakata] – vendredi soir / dimanche aprem
C’est dans cette zen attitude que nous sommes arrivés à Hakata et que nous avons marché dans la ville en discutant tranquillement en direction de ce que nous pensions être Fukuoka, et qui c’est avéré être la banlieue d’Hakata. Winners ! Hakata et Fukuoka sont des villes, j’allais dire voisines, mais en faite elles sont plutôt siamoises. Elles se sont développées en même temps et sont presque indissociables. D’ailleurs les habitants l’appellent Hakata alors que le reste du Japon la désigne par Fukuoka.
Nous avons aussi eu du mal à trouver le manga café dans lequel nous voulions rester, mais la douceur de la soirée, la découverte de la ville de nuit, l’efficacité des transport en commun (oui on s’est résigné) et le confort de l’établissement fait que même si nous avons eu des moments d’agacement, c’est plutôt un bon souvenir que l’on gardera de cette première rencontre avec la plus grosse ville de Kyushu.
Le samedi c’est Hanami [花見littéralement « regarder les fleurs »] ! Tradition japonaise depuis la nuit des temps (au moins), de pique-niquer sous les cerisiers en fleurs entre amis et famille. Autant vous dire que les Japonais ne badinent pas avec les traditions : bâche bleu plastique étalée au sol, mini barbecue, table basse de camping, stéréo et autres conforts impressionnants, rien n’est laissé au hasard pour le pique-nique, véritable institution (qui perd un peu de son charme si vous voulez mon avis). Le parc du château regorgé de pique-niqueurs, de spectacles de rues et de jeux de ballons. C’était très sympa comme ambiance (et je suis fan du Taiko, un vrai spectacle), la journée a filé à une vitesse.


Dimanche nous avons été pris de cours par un jour férié tombé du ciel (heu l’anniversaire du Bouddha apparemment), et n’avons pas pu visité le musée que nous avions en tête… en même temps il était consacré à je ne sais plus quelle guerre entre les Japonais et les Mongoliens, donc autant vous dire que la déception de R. était, plus que sûrement, plus forte que la mienne =P Mais la ville regorge de temples et de parcs qui valent tout de même que l’on s’y arrête avant de remonter dans le Shinkansen.

  

  

Publicités

À propos de Sept Heures en Eté


2 responses to “3/4 九州 [Kyushu]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s