Poudreuse 札幌 [Sapporo]

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Traverser la moitié du Japon en une journée.

Voir son souffle se matérialiser.

Être « habillée pour l’hiver » ? (oui mais lequel?)
Gros manteau de ski, gants en faux cuir fourrés de moumoutes, pull, sous-pull, tee-shirt, sous-tee-shirt, leggings, pantalon, chaussettes polaires, après-ski, écharpe et bonnet chaud mais qui gratte.
Avoir un look top sex !

Manger un fish & chips dans un pub irlandais tenu par un Italien et entendre ‘Le vent nous portera’ de Noir Désir.

Chanter sans s’en rendre compte.

Avoir le bout des doigts gelé.

Revoir un Irlandais, en rencontrer d’autres.

Repousser ces principes, ces limites, pour le meilleur ou à cause du pire.

Payer pour parler.

Entendre et sentir la neige sous ses pas.

Découvrir que leurs tartes kitchounes, mais pas originales pour deux sous, se vendent à plus de 5 euros la micro part.

Entrer en douce dans une cour d’école remplie de neige vierge.
S’enfoncer jusqu’aux cuisses. Se batailler comme des gamins.
Tracer un ange avec son corps.

Découvrir une ville semblable.

Se perdre sous la terre.

Jouer du bout du pied avec la neige en marchant. Ne pas avoir d’eau s’infiltrant dans les sexy boots.

Se promener à travers le temps dans une ville reconstituée.

Entendre résonner les chants des étudiants dans le collège vide.

Ne plus sentir ces pieds.

Traquer le chien moche… en trouver des mignons.

James Bond au synthé, jeux de lumières, éclairage choc de la glace.

S’émerveiller rapidement, à cause du froid.

Bousculer un Australien qui nous parlera de la main de Thierry Henry.

Voir la tour du Mordor au milieu du parc.

Être pris dans une mini tempête de neige. Avoir les flocons virevolter autour de soi. Se sentir seule au monde et sourire.

Découvrir une nouvelle fonction sur son appareil-photo.

Visiter une exposition sur les gravures européennes aux XIXème et XXème siècle
(et se dire qu’on a bien fait de traverser la moitié du globe).

Rire des anciennes caricatures.

S’endormir dans un manga café, avec glace à volonté, après un buffet de desserts où les gaufres sont aussi grandes qu’un pépito et les crêpes aussi cuites que la peau d’une rousse au nord du Japon, en février.

Ne pas rater son train.

Se dire que l’on reviendra (mais en été hein?).

Rêvasser par la fenêtre, et ne pas voir les 16 heures de voyage passer.

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À propos de Sept Heures en Eté


7 responses to “Poudreuse 札幌 [Sapporo]

  • Didier

    J´aime particulièrement le choix de ta photo du bas. Oui, on peut faire des milliers de kilometres pour se retrouver avec des signes de son propre espace géographique. Mais je crois que cette exposition il fallait la voir aussi á travers ses visiteurs pour qui c´était un grand voyage.
    Le Japon est sans doute plus difficile á comprendre, mais hier je suis allé voir au Masp de São Paulo ( leur grand musée de peinture) une superbe exposition consacrée à la Rome antique avec plein de statues, d´objets provenant de tout cet Empire situé sur trois continents.
    Eh bien je n´ai jamais compris l´importance de cette période de notre histoire européenne, qu´en voyant de très nombreux visiteurs prenant pleins de notes ou pour certains réalisant des dessins.
    Tiens une chanson qui a deux fois ton âge, chantée par une interpréte japonaise morte depuis et composée sans le savoir par Salvatore Adamo sous la forme traditionnelle d´un poème japonais ; lui l´avait écrite en français.
    Le tout avec illustrations idéalisées de la froidure parisienne.
    Sinon je t´envoie 31 degrés et du soleil
    Beijos

    Yuki ga furu 雪が降る

  • Oriane

    Très original de décrire ton week end comme ça ! ça donne envie 😉

  • Josée

    Oui j’adore cet article et qu’est-e que ça donne envie… Profites bien ma Tifenn! Je pense fort à toi! Gros bIsous

  • Nelly

    Et moi, j’ai préféré l’avant dernière photo (de Sapporo peut être) et je l’ai mise en fond d’écran de ma tablette.
    Sinon, j’ai senti dans cet article comme dans le commentaire de Didier, une petite pointe, un soupçon de  »mal du pays » que le regard des autres vous révèle et vous renvoie à vos propres racines. Bien le bonjour à vous, citoyens du monde!

    • Sept Heures en Eté

      Prise sur le chemin du retour, on devait être dans la banlieue de Sapporo.
      Tu veux que je t’envoie l’originale?

      Bisous d’une citoyenne du monde (qui tuerait pour une blanquette de veau avec une bannette croustillante)

  • Nelly

    Tu crois que je pourrais t’en cuisiner une à Fukuyama?
    Envoie moi l’originale ou un autre pour mon fond d’écran d’ordi de mon bureau.
    Bisous

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