神戸 [Kôbe], ville des lumières

Touchée par un des plus puissants séismes en janvier 1995 (7,2 sur l’échelle de Richter), Kobe a mis en place le Festival des Illuminations pour attirer de nouveau les touristes mais aussi pour récolter des fonds afin de reconstruire la ville.
Ayant eu la chance d’avoir visiter Lyon durant la Fête des Lumières, j’étais très excitée à l’idée de voir son homologue japonais.

La semaine précédente n’avait pas été des plus agréables. Être dans le pays que j’ai tant désiré et ne pas être capable de communiquer me frustre. Et je n’arrive pas à gérer cette frustration.
Les Japonais qui ne sont pas intrigué par ma présence… ont peur de moi.
Je m’explique, lorsque je souhaite demander un renseignement quelconque à quelqu’un, plus je m’approche de lui, plus son visage se décompose. En général, il répond à mon « すみません » [sumimasen – excusez moi] par un « I don’t speak English ! » avant de s’enfuir. De même avec ceux qui n’ont pas d’échappatoire (genre marchands), après avoir dit ma petite phrase en japonais (basique, j’en conviens, mais pas incompréhensible non plus), la plupart du temps j’ai le droit à un « 英語 no no » [eigo no no – anglais no no]. Mais p*tain, je te cause en japonais, b*rdel !
Le « pire » – parce que les Japonais sont gentils – quand ils voient ma petite bouille toute tristoune… ils me répondent en anglais !
Mais là je pense avoir trouvé la parade en répondant (en japonais) que je suis Française (ooooh) et que je ne parle pas anglais =P

Depuis que je suis ici, doucement et malheureusement sûrement, j’ai la visite de cette vieille connaissance de Grenoble dont je me serais bien passée.
J’essaye de la tromper en m’occupant : recherche de boulot – impasse ; apprentissage du japonais – parfois à quoi bon ; découverte de nouveaux logiciels – all by myself ; mes petits projets perso – pour noyer le poisson ? ; … Je ne suis pas (plus?) habituée à ne « rien » faire. Sans réelle activité, j’ai le temps de penser. Penser sans rêver. Les questions s’enchaînent, les doutes arrivent, les regrets se succèdent, les remords me tirent la manche, mes choix se confondent, … Encore un genre d’aller simple pour le monde rempli d’incertitudes de l’adolescence, grand Dieu, qui suis-je, où vais-je, à quoi je sers and so on.
Sincèrement ? Hmm

Bref, j’espérais que Kobe aller me changer les idées. Mais ça n’a, en fait, pas tant aidé.

Déjà parce qu’en tant que warriors, nous n’avions pas réservé de chambre. Passer la soirée d’hôtel en hôtel pour s’entendre dire que tout est complet ou qu’ils leur restent seulement la suite deluxe… ne me dérange pas tant. On marche, on visite, on découvre, on discute, on recherche.

Finir dans un hôtel glauque, dans une chambre fumeur, sans eau chaude (rétablie le matin), bon ça aide pas mais y’a pas mort d’homme non plus. Une nuit seulement, le lendemain rebelote. Nous en avons eu marre et nous avons fini par dormir dans un manga café… j’avoue, ça a été un de mes moments préférés ^^

Les cartes pourries grosso-modo (pourquoi mettre toutes les rues, c’est tellement superficiel) de l’office du tourisme trouvées à l’hôtel , sans nom de rue bien entendu, déjà ça commence à faire…
Nous tournons, nous marchons, nous revenons sur nos pas, nous nous disons que nous reviendrons, que nous prendrons le temps après avoir trouvé l’hôtel / le musée / le resto / le parc / …
Les points repères éparpillés dans la ville équipés d’une carte du quartier avec le nord qui change de place suivant leur envie et leur humeur, ça soûle rapidement.
L’office du tourisme fantôme, que nous n’avons pas trouvé au final, c’est incompréhensible.

The Great Hanshin-Awaji Earthquake museum est saisissant de réalité. Les films et les effets nous font revivre ces sombres minutes. Ça coupe les jambes, une boule se forme dans la gorge, une autre dans l’estomac, et nous prenons conscience de ce qu’est un véritable tremblement de terre.
Très intéressant… mais les pauvres employés « guide » pour internationaux ne nous ont pas lâché. A chaque étage un autre prenait le relais, pas toujours pour rajouter une valeur à ce que nous voyons… un peu pour pratiquer leur anglais, sans comprendre le notre… Bon ils doivent sacrément se faire chier, j’en ai vu faire des étirements, d’autres travailler leur swing de golf… Mais bon, déjà que je ne supporte pas d’avoir une vendeuse me coller lorsque je rentre dans un magasin, dans un musée c’est encore pire. Ils te parlent, te racontent leur vie (sans rapport aucun avec le musée), ne comprennent pas tes questions, te brusquent « allons voir ça » … et mais coco, vis ta vie, on est grand on peut s’occuper de nous tout seul !

Parlons de différences culturelles.

Comme les illuminations par exemple.
L’organisation japonaise de « parquer » les gens on-se-croirait-dans-les-files-d’attente-chez-Disney-en-plus-gros afin de nous faire prendre un chemin défini en nous donnant des ordres, j’aime moyen.
Les Illuminations tant attendues, très légèrement sur vendues à mon goût (mon humeur n’aidant pas), deux heures dans le froid à arpenter de nouveau les rues que nous avions traverser trois ou quatre fois, à se faire trimbaler par nos amis en uniforme avec leur mégaphone et leur bâton qui clignote pour un quart d’heure d’illuminations (prenez une photo et veuillez dégager s’il vous plait) … ça fait cher payer.
Et puis les illuminations… hmmm oui … m’ont fait penser aux devantures des Galeries Lafayette. Enfin, non mais… c’était jolie hein, mais ça casse pas non plus trois pattes à un canard … on en a de bien plus recherchés en France, avec les mêmes ampoules toutes pourries (rohlala bon j’arrête).

Non mais définitivement, les attractions touristiques me portent sur les nerfs.

Le lendemain nous avons voulu retrouver un peu de calme en montant sur le mont Rokko pour embrasser Kobe d’un regard.
Autant vous dire que ça a été tout un b*rdel pour sortir de la ville et que rien, encore une fois, n’était indiqué.
Mais la vue était vraiment superbe, avec le soleil au loin. Le chocolat chaud que nous avons bu la bas a été savouré.

La perle du dimanche, un peu comme une consécration du weekend de la loose, ça a été le retour. Le billet que j’avais pré acheté couvrait le retour en train, mais il fallait repayer un supplément si on souhaitait prendre le shinkansen. Alors 5h de train d’un côté ou on double le prix du billet mais on est à Fukuyama en une heure… J’avoue que j’étais vraiment pas d’humeur à cracher plus, et j’ai bien fait comprendre à la contrôleuse que ce procédé ne me plaisait pas étant donné que j’avais acheté le billet aller en même temps que le billet retour.
Bref.
Autant vous dire que mon comportement, pas insultant, mais un peu poussant pour comprendre, à jeter la honte sur elle, sa famille, sa descendance et son pays. Et qu’au moment de nous quitter, après que nous eussions rangé nos portefeuilles, elle s’est inclinée à 90° et n’a cessé de s’excuser… Et là je me suis vraiment dit que je devais apprendre à fermer ma gu*ule.

Dîner réconfort du samedi soir

Sinon, le shinkansen que nous avons pris, ne s’arrêtait, exceptionnellement, pas à Fukuyama (mais rassurez vous il a bien fait toutes les autres gares =/). Nous nous sommes donc retrouvés à Hiroshima et nous nous sommes incrustés dans un train pour Tokyo passant par Fukuyama… sans billet !
Quand je vous disiez que nous étions des warriors !

Ce weekend de la loose – avec des petites touches de bonheur, faut pas pousser non plus – n’a pas fait taire les petites voix dans ma tête (oui oui elles sont plusieurs) et je me retrouve à Fukuyama sans savoir quoi faire de mes dix doigts.

Faut que ça bouge, parce que si ça continue… va falloir que ça s’arrête !

Aller je vais me promener sous le soleil japonais à regarder le rouge des arbres d’automne.
Je vous raconterai prochainement mon excursion à l’ANPE japonaise.

Bien à vous,
Tif

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À propos de Sept Heures en Eté


One response to “神戸 [Kôbe], ville des lumières

  • Joséphina

    Coucou ma Tif!
    Bon je vois que malheureusement tout ne se passe pas comme prévu… J’espère pour toi que ce n’est que provisoire, après tout tu n’es dans ce pays que depuis 2 mois et ce n’est pas facile de s’adapter à une culture aussi différente de la nôtre, et une langue aussi différente, que tu maîtrise qd même pas si mal pour une française!
    Allez courage on croit en toi! Et puis si c’est vraiment trop dur, tu peux toujours revenir, ce n’est pas si grave! Un de mes amis était resté seulement une semaine à Londres car c’était trop dur! Alors bon tu vois rester 2 mois et plus au Japon et en revenir ce n’est pas la honte! Tu auras tout de même tenté ta chance et vécu une super expérience!
    Allez je te laisse et je t’envoie des ondes positives!!
    Enormes Bisous ma Tifenn! Je pense fort à toi! Josée

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