Et bam, ça nous arrive comme ça !

Samedi, il faisait chaud, très chaud à Fukuyama.

Matinée farnienete appréciée.
Réveil de chat après une semaine pas franchement productive. Agences d’urbanisme inexistantes, agences d’architectes bien cachées, j’ai commencé à faire un portfolio qui aidera mes potentiels futurs employeurs à comprendre ce pour quoi je suis faite, et ce que je vaux. Ma coquine de motivation a joué à cache-cache toute la semaine, fatiguée de ne rien faire…
Alors le weekend, c’est ma récréation (pas toujours méritée hélas) …

En aprem nous avions prévus une petite balade en zone rurale, pour aller voir les écoles dans lesquelles Ruairi bosse. Genre promenade printanière pour découvrir la campagne environnant… Campagne qui est d’ailleurs plus ou moins fantasmée vue que près de 70% du territoire japonais est montagneux, donc niveau rural faut plutôt imaginer un peu moins de bâti.
Après-midi un peu par défaut.
Nous étions censés allés dans le parc naturel au nord avec des amis, mais ils se sont décommandés au dernier moment parce que leurs petits bouts de choux étaient malades.

Et puis non.
Ruairi était parti se faire rafraîchir la nuque et j’ai été prise d’une pulsion. A son retour deux bento fumants l’attendaient, le temps de jeter deux-trois trucs dans son sac et hop direction le sud pour aller voir la mer et visiter un petit village typique de pécheurs.

鞆の浦 [とものうら – Tomo no Ura]
Charmant village continuité urbaine, avec une île toute proche, aussi parc naturel, surmontée d’un petit temple, qui a l’air à couper le souffle. La carte la mentionne comme l’endroit où notre conception de la vie va changer… hmmm tentant. 鞆の浦 possède quelques petites rues remplies de charme et de vielles bâtisses traditionnelles, ainsi que des maisons à visiter, à tendance historique pour diverses raisons.
Bien entendu comme nous avons agis sur un coup de tête nous sommes arrivés un peu tard pour les visites, mais ce n’était, de toutes façons, pas ce que nous recherchions.

Ça a été un petit moment magique, difficile à décrire. Une petite escapade dont nous avions tous deux besoin. Le déjeuner sur la plage, les discussions, déambuler dans les rues, la montée jusqu’au musée, ne peuvent pas être partager.
Pour les autres étoiles plein les yeux, je vous ai fait un petit album.

Par contre il y a une expérience unique dont je souhaite vous faire part. J’ai intitulé ce grand moment : le bus urbain japonais, une aventure de tous les instants.
鞆の浦 est situé à une vingtaine de kilomètres de Fukuyama et fut donc ma première destination atteinte grâce aux transports urbains de la ville. La notion de transports en commun est un peu différent de la France et de l’Irlande. On rentre par les portes de derrière et soit on prend un ticket avec un numéro dessus indiquant l’arrêt auquel on est monté, soit on bip notre carte magique qui enregistre la station ou bien, comme nous, on a déjà des billets pré-payés. On s’assoie et on regarde le magnifique paysage composé de bâti plus ou moins continu et de montagnes… Enfin ça c’est la théorie avec la condition « Je sais où je m’arrête» ou « Je voyage avec quelqu’un qui sait où on va… et comment fonctionne le bus au Japon ». Le plancher est en bois, les sièges d’une autre époque, les arrêts sont annoncés par la douce voix pré-enregistrée, et le concept de paiement est… conceptuel. Le prix est fixé, un peu à l’irlandaise, suivant le nombre d’arrêts mais aussi suivant la distance parcourue. Je m’explique, imaginons que vous descendez après trois arrêts, le prix peut varié suivant si le bus a fait 500 mètres (espèce de feignasse) ou 5 kilomètres. Et là j’ai une tendre pensée pour notre ticket français valable une heure.
A côté du chauffeur se trouve un panneau électronique qui indique le prix à payer suivant l’arrêt auquel vous êtes montés. Bon si c’est à peu près clair, on va rajouter une variable, la photo ci contre montre le tableau du bus au retour. Nous sommes montés à l’arrêt 13, et nous descendons au prochain arrêt (le numéro 0 c’est-à-dire le terminus), nous avons payer 510円. Si nous étions montés à l’arrêt 7, nous n’aurions payé que 270円. Faut juste s’habituer, après ça vient tout seul. Le nom en rouge au dessus de la ‘grille de bingo’ est le nom de la prochaine station (mais parfois le panneau est moins moderne, et les arrêts ne sont pas affichés) : 福山駅前 [ふくやま えき まえ // Fukuyama eki mae – prochain arrêt : Gare de Fukuyama].
En descendant, on fait un grand sourire au chauffeur, on met le ticket dans une fente, la somme exacte dans une autre, la somme non exacte dans une autre ou les billets dans une troisième pour avoir la monnaie dans une quatrième. Pour les billets prépayés, c’est encore plus drôle, le chauffeur à un petit tapi roulant pour vérifier le prix que l’on a payé et le mettre à la poubelle sans le toucher. Les cartes magiques font aussi office de porte-monnaie et la somme est automatique retirée en validant à la sortie.
Bref un peu moins de 5 euros l’aller pour moins de 20km et moins de 30min de trajet, ça revient vite cher je trouve. Apparemment ils n’ont pas d’abonnement possible, au moins à Fukuyama.

Voilà pour la petite histoire de la vie quotidienne.

Sinon en vrac :

  • J’ai un 印鑑 [いんかん // inkan – sceau] à mon nom pour signer les documents administratifs et ça, ça claque !
  • J’ai pu ainsi ouvrir un compte à la banque (aidée par Ruairi, grand moment, je pigeais pas tout et mon regard était attiré par le poster de la banque « une jeune fille posant avec un canard qui a une perruque afro jaune sur la tête ») ;
  • Et ainsi avoir un abonnement téléphonique (aidée par Alex, re-grand moment, je crois que j’ai hypothéqué ma future maison et la vie de mes petits enfants) et ne plus être une sans moyen de communication mobile ;
  • Je suis aussi aller chercher ma carte de résidente, et ça, ça reclaque parce que j’aurai plus à me balader avec mon passeport dans le portefeuille ;
  • J’ai fait ma carte de bibliothèque toute seule comme une grande, en japonais ;
  • Je me lance dans le milieu de l’enseignement, enfin pour l’instant je pars sur le tutorat, histoire de structurer un peu ma vie ici, sans pour autant abandonner l’urbanisme ;
  • Noël arrive, et les projets de voyages pleuvent, j’adore 🙂

Hope everything is fine for you,
Miss you
x
Tif


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À propos de Sept Heures en Eté


2 responses to “Et bam, ça nous arrive comme ça !

  • Anonyme

    Coucou ma Tifenn! Ouah il ten arrive! Je suis super contente de voir que tu avances ds ta vie japonaise! Je suis fière de toi tu as réussi à te débrouiller seule pr ta carte de bibli en japonais!! Congratulations!
    Sinon ici tout va bien! David et moi revenons d’un petit séjour de 3 jours à Londres c’était super!
    Voilà je ne sais pas quoi rajouter, à part que tu me manques un peu et que ça fait bizarre de te savoir si loin!
    Gros Bisous ma Belle
    José xxx

    • Sept Heures en Eté

      Londres, la chance ! J’espère que vous avez eu beau temps et que vous avez pu déguster les fameux cookies de Ben’s Cookies !
      Tu me manques aussi, j’aimerais bien prendre un petit verre au Sherlock pendant un concert de M. Roux, le pied ! Ou un jus de fruits pressé à Nantes en compagnie de Coco après une aprem shopping =)
      Plein de becos xxx

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